Et si pour une fois on pensait aux habitants : il faut abaisser le centre de gravité de l’action publique

Tribune de François Jolivet, Député de l’Indre

“Depuis les années 70, l’État centralisé est remis en cause. Plusieurs actes de décentralisation sont intervenus, sans doute insuffisamment accompagnés de déconcentration. Paradoxalement ce même État a accompagné les actions de coopération intercommunale, ce qui a éloigné le citoyen des lieux de prises de décision. Notre pays doit trouver un nouvel équilibre territorial. Il faut abaisser le centre de gravité de l’action publique.

Ce désir de proximité est récurrent dans les doléances rédigées par nos concitoyens depuis plusieurs semaines. Les dernières réformes territoriales les ont pourtant déboussolés, le mille-feuille territorial s’est empilé et les services publics se sont éloignés des habitants. Cette situation a nourri une colère légitime alimentée par l’éloignement des lieux de décision.

Le vivre ensemble d’un territoire appartient à ses habitants et ne peut être l’apanage des bien-penseurs qui n’y vivent pas. La France est certes une et indivisible mais chaque territoire a une histoire différente.

Le grand débat national nous alerte : Jacques,50 ans, appelle à « se souvenir que les territoires ruraux nourrissent les zones urbaines et qu'ils ont donc besoin de vivre avec les mêmes services que la métropole ». Sylviane, 37 ans, dit qu’« il faut garantir, maintenir et développer les services de proximité dans les zones rurales et demande le très haut débit pour pouvoir travailler à distance et ne plus aller à la Métropole ». Julien, 42 ans, nous dit : « avant je connaissais ma conseillère départementale pour demander un arrêt de bus supplémentaire, maintenant je ne sais plus à qui demander ni à qui parler. Il paraît que c’est la région, mais c’est tellement loin… »

Les habitants semblent découragés, oubliés, et les élus résignés face aux dispositifs des lois NOTRE et MAPTAM. Nous leurs devons de retrouver le principe de réalité. La France, après avoir déménagé son territoire depuis 30 ans, doit renouer avec celui-ci. Décentraliser n’évite pas la fracture territoriale, nous le savons désormais. Ce qui signifie qu’une troisième vague de décentralisation doit être accompagnée par une nécessaire déconcentration afin d’abaisser au plus bas le centre de gravité de l’action publique. L’action publique n’est pas une affaire d’institution mais doit être au service des habitants.

Il ne peut pas y avoir de solution unique pour tous nos territoires. Le Berry n’est pas la Drôme qui n’est pas Paris, et habiter Châteauroux n’est pas la même chose que de vivre dans une commune rurale ou périurbaine. C’est pourquoi la différenciation territoriale – c’est-à-dire la possibilité d’adapter l’action publique au plus près des habitants doit être une ardente obligation. Il faut siffler la fin de la partie de ping pong entre différents niveaux de collectivités et réfléchir à ce qui permet d’être le plus efficace au plus près du destinataire des politiques publiques.

Les élus des communes et des départements doivent être au cœur de la nouvelle politique territoriale. Les nouvelles vagues de décentralisation et de déconcentration doivent avoir pour objectif de lutter contre la fracture territoriale qui découpe la France.Notre pays est malade de son organisation en silo qui isole dans des tuyaux d’orgue les politiques publiques.

Le citoyen doit comprendre qui est responsable de l’organisation de son quotidien.

La politique conduite par le Ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, devra prendre en compte ce besoin. Sa majorité sera vigilante et à ses côtés : La France ne peut être la France sans la grandeur de ses territoires !”

François JOLIVET – Député de l’Indre
Aude BONO-VANDORME – Députée de l’Aisne
Benoit SIMIAN – Député de Gironde
Olivier GAILLARD – Député du Gard
Monica MICHEL – Députée des Bouches-du-Rhône
Richard RAMOS – Député du Loiret
Martine LEGUILLE-BALLOY – Députée de la Vendée
Sereine MAUBORGNE – Députée du Var
Jacques MARILOSSIAN – Député des Hauts-de-Seine
Jacques KRABAL – Député de l’Aisne
Claire O’PETIT – Députée de l’Eure
Agnès THILL – Députée de l’Oise
Christophe BLANCHET – Député du Calvados
Philippe HUPPÉ – Député de l’Hérault
Annie VIDAL – Députée de Seine-Maritime
Valérie PETIT – Députée du Nord
Grégory BESSON-MOREAU – Député de l’Aube
Yves DANIEL – Député de Loire-Atlantique
Éric GIRARDIN – Député de la Marne
Françoise DUMAS – Députée du Gard
Stéphanie KERBARH – Députée de Seine-Maritime
Jean-Baptiste MOREAU – Député de la Creuse
François CORMIER-BOULIGEON – Député du Cher
Brigitte LISO – Députée du Nord
Sabine THILLAYE – Députée d’Indre-et-Loire
Philippe FOLLIOT – Député du Tarn
Jean-Luc FUGIT – Député du Rhône
Daniel LABARONNE – Député d’Indre-et-Loire
Stéphane TROMPILLE – Député de l’Ain
Isabelle RAUCH – Députée de la Moselle
Jean-Pierre PONT – Député du Pas-de-Calais
Jean-Marc ZULESI – Député des Bouches-du-Rhône
Stéphane MAZARS – Député de l’Aveyron
Denis MASSÉGLIA – Député de Maine-et-Loire
Fabien MATRAS – Député du Var
Vincent THIÉBAUT – Député du Bas-Rhin
Perrine GOULET – Députée de la Nièvre
Séverine GIPSON – Députée de l’Eure
Mireille ROBERT – Députée de l’Aude
Jean TERLIER – Député du Tarn
Michèle CROUZET – Députée de l’Yonne